samedi 29 octobre 2016

La Fin Du Jour (Julien Duvivier, 1939)

On ne sait si Duvivier veut rendre hommage ou bien mettre à bas la profession d'acteur, tant son film oscille entre ces deux contraires, faisant preuve tour à tour d'une certaine bienveillance ( admirable description du microcosme de cette maison de retraite, dernier refuge pour ces comédiens oubliés) et d'une profonde cruauté (toute l'intrigue tournant autour de Jouvet et Francen et leur mystérieuse querelle, mais également le tragique et truculent personnage de Michel Simon). Qu'importe finalement vers quel côté penche la balance, puisque comme toujours chez le réalisateur, la virtuosité l'emporte.

Free State Of Jones (Gary Ross, 2016)

Bien plus qu'un énième film historique, c'est bel et bien un vibrant manifeste humaniste que nous offre Gary Ross, jonglant habilement entre l'intime et l'épique pour nous narrer cette poignante histoire d'un homme (McConaughey, littéralement possédé) en quête d'un idéal dans un pays aux cicatrices béantes et qui peine à se débarrasser de ses démons. Le choix de naviguer entre deux époques s'avère à ce titre judicieux, tant l'on s'aperçoit, à travers l'absurde procès intenté à son descendant, que les répercussions de la Guerre de Sécession, et principalement la ségrégation, ont encore de beaux jours devant elles. On tient donc un film, certes parfois très violent, mais cette violence s'accompagne d'une profonde intelligence et s'avère de fait nécessaire pour dénoncer les profondes contradictions d'un pays qui se voudrait la plus grande démocratie du monde. Franchement puissant.

mardi 25 octobre 2016

The Witch (Robert Eggers, 2016)

Difficile de ne voir en The Witch qu'un vulgaire film fantastique, tant le réalisateur s'attache, avec une intelligence et une acuité rares, à disséquer l'éclatement d'une cellule familiale fragilisée par des deuils successifs et sombrant petit à petit dans l'hystérie collective. En ce sens, les irruptions du surnaturel, fantasmé ou non, dans le quotidien de cette famille de fermiers, au demeurant particulièrement soignées parce que fonctionnant quasi uniquement sur la suggestion, seraient presque de trop, même si elles réussissent invariablement à instiller un sentiment de malaise durable au spectateur. Grand film paranoïaque bien plus que fantastique donc, mais tout aussi passionnant.

jeudi 25 août 2016

13 Assassins (Takashi Miike, 2010)

D'une violence confinant parfois au sadisme, cette épopée en forme de sacrifice force pourtant l'admiration par la virtuosité de sa mise en scène, la qualité de son interprétation et la poésie sauvage se dégageant de certaines scènes, notamment dans un dernier tiers totalement hystérique. Un joli mais épuisant premier contact avec le cinema de Miike...

Le Scaphandre Et Le Papillon (Julian Schnabel, 2007)

Schnabel, peintre de talent et cinéaste au diapason, nous livre un voyage intérieur bouleversant, d'une inventivité visuelle constante et d'une pudeur qui confine à la noblesse.

Departures (Yōjirō Takita, 2008)

"Puisqu’il le faut
Entraînons-nous à mourir
À l’ombre des fleurs."
(Kobayashi Issa)

Traiter avec une telle pudeur mais egalement avec humour d'un sujet aussi difficile (l'apprentissage d'un jeune homme au métier d'embaumeur et l'ostracisme dont il fait l'objet) relève du miracle. Yōjirō Takita signe donc un film surprenant, épuré et rempli d'émotion, jusqu'à un final absolument bouleversant, bercé par les notes du magnifique score de Joe Hisaishi.