jeudi 25 août 2016

13 Assassins (Takashi Miike, 2010)

D'une violence confinant parfois au sadisme, cette épopée en forme de sacrifice force pourtant l'admiration par la virtuosité de sa mise en scène, la qualité de son interprétation et la poésie sauvage se dégageant de certaines scènes, notamment dans un dernier tiers totalement hystérique. Un joli mais épuisant premier contact avec le cinema de Miike...

Le Scaphandre Et Le Papillon (Julian Schnabel, 2007)

Schnabel, peintre de talent et cinéaste au diapason, nous livre un voyage intérieur bouleversant, d'une inventivité visuelle constante et d'une pudeur qui confine à la noblesse.

Departures (Yōjirō Takita, 2008)

"Puisqu’il le faut
Entraînons-nous à mourir
À l’ombre des fleurs."
(Kobayashi Issa)

Traiter avec une telle pudeur mais egalement avec humour d'un sujet aussi difficile (l'apprentissage d'un jeune homme au métier d'embaumeur et l'ostracisme dont il fait l'objet) relève du miracle. Yōjirō Takita signe donc un film surprenant, épuré et rempli d'émotion, jusqu'à un final absolument bouleversant, bercé par les notes du magnifique score de Joe Hisaishi.

vendredi 19 août 2016

The Revenant (Alejandro Gonzalez Iñárittu, 2016)

Pas facile de se lancer dans une critique objective sans user de superlatifs bien trop convenus, et qui ne rendraient de toute façon pas justice à ce qui constitue l'une sinon LA plus intense expérience cinématographique de ces dernières années. Parce que c'est bien d'expérience dont il faut parler à propos de The Revenant. Une expérience sensorielle, organique même, qui happe le spectateur des les premières images pour ne plus jamais le lâcher, trouvant le parfait équilibre entre beauté éblouissante (qui, aujourd'hui, peut rivaliser avec Lubezki?) et une violence d'un réalisme parfois traumatisant. Tout ceci aurait déjà pu nourrir son homme sans pour autant totalement convaincre mais Iñarritu, non content d'utiliser sa caméra comme un prédateur chassant sa proie, co-signe un scénario dense, brassant des thèmes ultra-rebattus mais qui trouvent ici une seconde jeunesse grâce à une lecture quasi mythologique des événements, le tout servi par des interprétations oscillant entre l'habité et le possédé. Déclarer donc que The Revenant colle à la peau relève du doux euphémisme...

Last Days in The Desert (Rodrigo Garcia, 2016)

Les films sur Jésus, c'est un peu comme les couvertures de Martine. Jésus rescusscite Lazare, Jésus se frite avec les marchands du Temple, etc etc... On connaît tellement le fil des événements, que l'on soit croyant ou pas, qu'un film sur le fils de Dieu ne saurait plus surprendre personne. Et puis, sans prévenir, déboule une oeuvre qui dépoussière un peu le tout et propose une relecture totalement novatrice et aux choix visuels et thématiques plutôt inattendus. On est ici dans un postulat contemplatif, réaliste voire parfois aride, à l'image du décor principal. Hormis quelques bluffantes envolées oniriques (Lubezki fait encore des miracles), on est donc plus dans le profane que dans le sacré, ou plus dans l'humain que dans le divin si vous préférez. Il y a en outre quelque chose de particulièrement réjouissant, mais également troublant, à regarder Ewan McGregor, dans un surprenant double rôle Jésus/Satan, débattre sur l'avenir de l'humanité, personnifié ici par une famille au bord de l'implosion. Bien plus qu'une curiosité donc, ce Last Days In The Desert est véritablement un film à tiroirs qu'on prend plaisir à ouvrir afin d'étudier leur contenu.

Bone Tomahawk (S. Craig Zahler, 2016)

D'emblée, ce qui frappe dans Bone Tomahawk, c'est l'incroyable richesse de l'écriture. On a beau être dans un film estampillé "horreur" (terme d'ailleurs à la limite du galvaudé concernant le film, excepté dans un dernier tiers particulièrement éprouvant) les personnages sont admirablement dessinés, tout comme les enjeux, et ce malgré un postulat de départ à l'extrême simplicité. En outre, le travail sur l'ambiance, suffocante de réalisme (on souffre littéralement avec les personnages), les interprétations prodigieuses et le travail sur le son achèvent de rendre l'expérience bien plus que fréquentable : OBLIGATOIRE.

Buongiorno notte (Marco Bellocchio, 2003)

Un huis-clos étouffant, traité avec une intelligence et une force peu communes et qui n'hésite pas à flirter avec l'onirisme pour conter les heures tragiques de l'enlèvement et de l'exécution d'Aldo Moro. La mise en scène est bluffante, tout comme les acteurs, tous incroyables. Du grand cinéma.